Algérie

L’Association ASURIF existe depuis octobre 2011. Elle a pour objectif de créer un cadre d’action pour les jeunes, en priorité les femmes, et tout spécialement les universitaires ou diplômées. Elle veut également construire une plate-forme pour canaliser le potentiel de celles qui sont déjà motivées par le changement et qui ont une bonne connaissance de la société algérienne.

En Kabylie la question des femmes souffre du manque de réflexion des femmes sur leur oppression, sur la façon dont elle se manifeste et sur la possibilité de trouver des alternatives à des situations dégradantes. Les femmes se retrouvent souvent victimes de choses qu’elles pourraient assez facilement changer. Il suffit, par exemple, d'assez peu de connaissances pour contrôler sa contraception, son alimentation, sa santé ou sa sécurité physique. Or ces connaissances de base manquent.
Elle souffre aussi de l’absence de débat dans la société civile : ces dernières années, le débat sur la femme a été écarté du terrain et remplacé par des initiatives contre-productives qui ont eu pour conséquences un profond déséquilibre de la société et dans le cas de la Kabylie le maintien de traditions fortement matriarcales.

Si la question des femmes en milieu urbain est plus marquée par l’assistanat, l’islamisation et le matérialisme de la société, les données sont différentes en milieu rural kabyle. La femme est opprimée sur plusieurs plans, alors qu’elle produit des richesses, génère des revenus pour la famille et pour la région en général. C’est de plus en plus le cas dans une région ravagée par le chômage, où les hommes dépendent beaucoup plus des investissements de l’Etat et des sociétés privées, pourtant aujourd’hui presque absents en grande Kabylie. Les femmes misent plus systématiquement sur l’agriculture, l’artisanat et les métiers de la montagne, dont la société a constamment besoin et qui représentent des valeurs sûres. Mais devant l’absence d’un marché pour écouler leurs produits, la demande n’est pas stimulée.

Le projet Tamettut Akwmani (qui veut dire : femme partout) a pour objectif principal de former les consciences sur la question de la femme dans l’ensemble de la société. Il s’agit à la fois de :
• relancer un débat théorique féministe efficace qui veille à discuter la pertinence de la problématique de subordination de la femme
• contribuer en pratique à amener les agricultrices et les artisanes à l’indépendance financière, à revaloriser leur savoir-faire et à être reconnues dans leur communautés.

Contact : hamaha1976@yahoo.fr